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SECTEUR COURANT DU MANUEL > TEDI - Transformations des États démocratiques industrialisés > Jérôme VALLUY    

Introduction - Partie - Editorialisation scientifique et didactique



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L’objet de cette partie introductive de l’ouvrage « TEDI » - pour «  Transformations des Etats Démocratiques Industrialisés  » - est de le présenter sous ses deux aspects les plus évidents, en apparence : la forme et le fond.

En réalité, l’objet est plus complexe : « la forme » devient un enjeu de fond lorsqu’elle engage, au sujet de l’éditorialisation numérique, des débats et des recherches sur les philosophies de la communication en démocratie, sur l’auctorialité et l’indépendance éditoriale, sur l’observation sociologique des usages estudiantins de documents didactiques, sur les temporalités de la communication savante des enseignants et chercheurs, sur la gouvernance des plateformes d’éditorialisation...

Et « le fond », ici organisé par la question « gouverne-t-on ? », retrouve les enjeux précédents après un long détour historique sur deux siècles - à des fins scientifiques & didactiques - orienté des l’origine de cet ouvrage par le souhait de mieux comprendre la société actuelle marquée par de fulgurantes transformations liées à la généralisation, depuis une à deux décennies, des usages ordinaires d’outils et de systèmes issus de l’informatique ; notamment des incidences de ce tournant numérique sur l’éducation, la recherche et culture.

TEDI est d’abord un ouvrage numérique dynamique, indépendant, en accès libre (ondial) - concept qui sera explicité - destiné à mes étudiant-e-s, celles et ceux avec qui et pour qui je travaille depuis le milieu des années 1990 dans des universités françaises, notamment à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1) depuis 1999, en espérant aussi que l’ouvrage sera utile à d’autres étudiant-e-s, d’abord en France (puisque la République Française est mon employeur, qui finance la fraction de masse salariale consacrée à cet ouvrage) mais aussi à d’autres étudiant-e-s francophones dans d’autres pays dont beaucoup sont moins riches.

Il ne s’agit cependant pas d’un MOOC (Massive Open Online Course) comme ceux qui ont été à la mode politique et médiatique, à partir de 2011 notamment, et qui servent à la publicité des établissements publics ou font prospérer un marché de niche. Il s’agit plutôt d’un anti-MOOC ou encore d’un Manuel Ouvert d’Organisation des Cours, mais un manuel d’un genre nouveau, plus artisanal que les manuels éditoriaux sur papier mais potentiellement plus diffusé qu’eux dans sa forme numérique en accès ouvert. Il est conçu non pour se substituer à l’enseignement mais au contraire pour être utilisé avec un professeur dans des cours situés et organisés (filières, niveaux, diplôme), en relation avec d’autres étudiant-e-s sur des campus toujours aussi essentiels aux apprentissages informels et au travail personnel. A l’ère de l’écriture numérique, associant écritures textuelles, sonores et visuelles avec souvent plus de vidéos rapidement filmées que de textes toujours plus longs à produire, la confusion entre cours et manuel est devenue fréquente. Cet ouvrage ne l’entretient pas, il plaide en faveur de l’écriture textuelle comme vecteur essentiel à la transmission numérique des savoirs, accompagnée d’interactions orales en présence pour le soutien à l’attention, la facilitation de l’accès aux textes, l’organisation des temps de travail estudiantins...

Du point de vue scientifique, et aussi didactique, les contenus de l’ouvrage sont à l’intersections de plusieurs disciplines de sciences sociales : science politique, histoire, sociologie, économie, philosophie, droit. Les points de vue retenus sur les objets d’enseignement et de recherche allient fréquemment sociologie et histoire dans une perspective dite sociohistorique. Les choix d’objets d’étude et de sujets d’enseignement correspondent principalement aux agendas scientifiques & didactiques des disciplines institutionnalisées dans les universités françaises sous les intitulés officiels de « science politique », « sciences de l’information et de la communication », « sociologie ».

L’une des questions centrales (gouverne-t-on ?) et la succession des grandes parties de TEDI reflètent une focalisation sur « l’action publique » sous ses multiples dimensions communicationnelles, juridiques, économiques qui relient l’Etat et la société civile. L’introduction des connaissances reconnues par les chercheurs spécialisés et de mes propres recherches sur le tournant numérique de ce début de 21e siecle est encore modeste et se fera progressivement, dans les prochaines années, tout au long de l’ouvrage et dans ses dernières parties.

Une autre question centrale de l’ouvrage (comment enseigner ses matières à l’ère numèrique ?) à conduit, après dix années (2003-2013) d’activités, notamment numériques, pour le réseau de recherches et publications en libre accès Terra-HN et quatre années (2011-2015) de recherches, au laboratoire Costech (Connaissances, organisations, systèmes et technique) de l’Université de Technologie de Compiègne (UTC), sur les usages universitaires des technologies numériques d’information et communication dans/pour la recherche & l’enseignement, à placer le domaine de « l’éditorialisation », du « libre accès » et des « humanités numériques » au premier plan de mes recherches en attendant de pouvoir en faire la matière de cours.

C’est dans cette perspective qu’ont commencés, au printemps 2015, les premiers tatonnements d’élaboration conceptuelle, technologique et professionnelle de cette expérience. C’est par là que nous commencerons la première partie d’introduction générale à l’ouvrage (chapitre 1 « Humanités numériques plurielles ») avant de revenir à son autre dimension (chapitre 2 « Vers une sociologie historique de la configuration numérique ? »).

Jérôme VALLUY‚ « Introduction - Partie - Editorialisation scientifique et didactique  »‚ in Transformations des États démocratiques industrialisés - TEDI  - Version au 4 juillet 2022‚  identifiant de la publication au format Web : 422