Page du plan détaillé


Navigation par niveau


Navigation par tag


Navigation par EDC


navigation par suivi édito



rechercher un contenu


L3

Plan niveau L3

SECTEUR COURANT DU MANUEL > TEDI - Transformations des États démocratiques industrialisés > Jérôme VALLUY    

  • Partie - Expansion des objectifs et moyens de l’État
  • Chapitre - Définition(s) de l’État-providence

    Dans ce chapitre premier et introductif, il s’agit de préciser le ou les sens du concept central de l’ensemble de cette partie sur l’expansion des objectifs et moyens de l’État en France au cours des XIXe et XXe siècles. Il s’agit aussi de construire l’objet d’étude de cette partie, donc une « problématique » portant d’abord sur la notion d’État-providence : qu’est-ce que l’on désigne ainsi dans la langue française ? Existe-t-il une seule définition de cette expression ? Le sens de l’expression varie-t-il d’une culture à une autre, d’une période à une autre ? Quels enjeux sous-tendent les variations voire les controverses éventuelles relatives à cette notion ?

    La comparaison internationale et interculturelle, notamment entre les langues françaises, allemandes et anglaises, des histoires sémantiques et doctrinales font apparaître des controverses et des luttes qui portent principalement sur les degrés d’intervention de l’État et aboutissent à des définitions variables, plus ou moins larges quant à ce que l’État doit faire ou fait effectivement (Cf. Section - Socio-histoire comparative du concept). Cet aperçu socio-historique du concept d’État-providence suggère ainsi que la principale variation à considérer se situe entre des « définitions larges » et des « définitions restreintes » de l’État-providence, que ces définitions soient descriptives ou prescriptives, les deux dimensions étant souvent imbriquées (Cf. Section - « Définition étroite » ou « définition large »).

  • Section - « Définition étroite » ou « définition large » ?

Introduction - Section - « Définition étroite » ou « définition large »

D. Rédaction stable pour relecture collective
II. En cours d’éditorialisation


Les précédentes comparaisons historiques et internationales des notions d’État-providence suffisent à montrer que la définition de ce concept ne peut pas être tenue pour unique ni fixée une fois pour toute, par tel ou tel auteur, tel ou tel courant doctrinal. Elles montrent aussi que les signifiants tendent à s’élargir avec le temps. Sans doute en relation avec l’expansion historique des objectifs et des moyens dont disposent les États, la notion d’État-providence renvoie à la fin du XXe siècle à une gamme d’interventions, de politiques publiques, beaucoup plus large qu’au milieu du XIXe siècle. Pour reprendre les comparaisons sémantiques précédentes, on pourrait dire que État-providence et Soziastaat au milieu du XIXe siècle, qu’ils fassent l’objet d’usages péjoratifs ou laudatifs, reposent sur une définition étroite de l’intervention de l’État alors que Wohlfahrtsstaat et Welfare State impliquent une définition beaucoup plus large de la variété des secteurs d’intervention publique et de la légitimité autant que de l’ampleur des actions publiques dans chacun d’eux.

En s’inspirant des recherches de Gosta Esping-Andersen, présentées plus loin (Cf. Sous-section - Typologie des trois régimes d’État-providence : libéral, conservateur-corporatiste, social-démocrate), on peut se demander s’il existe des politiques publiques caractéristiques de l’État-providence :

Peut-on identifier des secteurs d’action publique dont la formation au sein de l’État, de l’administration, des finances publiques, des régimes juridiques constitueraient en eux-mêmes des indicateurs pertinents pour dire, dans tel ou tel pays, à telle ou telle période de l’histoire, si l’on peut parler ou non d’État-providence ?

S’interroger de cette façon, à partir d’un cadre d’analyse qui est typiquement celui de l’analyse des politiques sectorielles (Cf. Chapitre - Sociologie sectorielle de l’action publique) nous ramène sur le problème de la définition de l’État-providence tant il est évident que la réponse à la question va dépendre de la largeur ou de l’étroitesse des secteurs inclus dans la définition du concept d’État-providence :

  • la définition étroite tendra à réduire le concept à la désignation des seuls systèmes d’assurances sociales ou de protection sociale (semi-)étatisés tels qu’ils apparaissent à la fin du XIXe siècle notamment en Allemagne et en France ;
  • la définition large englobera l’ensemble des services publics participant à la redistribution des revenus, composante essentielle de la protection des personnes face aux aléas de la vie, voire à l’égalitarisation des conditions de vie, selon des perspectives plus récentes caractéristiques du milieu du XXe siècle.

L’examen de l’éventail des secteurs d’action publique considérés par des auteurs actuels comme relevant de l’État-providence fait apparaître de fortes divergences définitionnelles et permet d’objectiver ainsi, la dualité « définition étroite » / « définition large » (Cf. Sous-section - Divergences définitionnelles). Ce prisme permet en outre de faire ressortir la grande diversité de secteurs interdépendants, caractéristiques de l’expansion de l’État au cours des deux derniers siècles (Cf. Sous-section - Diversité des objectifs d’action publique). Cette approche permet enfin de repérer certains enjeux, analytiques ou politiques, qui expliquent certaines controverses scientifiques relatives à la datation de la naissance de l’État-providence ou encore à la « crise » de l’État-providence dans les dernières décennies (Cf. Sous-section - Enjeux de définitions).

Jérôme VALLUY‚ « Introduction - Section - « Définition étroite » ou « définition large »  »‚ in Transformations des États démocratiques industrialisés - TEDI  - Version au 19 août 2019‚  identifiant de la publication au format Web : 95