Page du plan détaillé


Navigation par niveau


Navigation par tag


Navigation par EDC


navigation par suivi édito



rechercher un contenu


SECTEUR COURANT DU MANUEL > TEDI - Transformations des États démocratiques industrialisés > Jérôme VALLUY    

Introduction - Chapitre - Humanités numériques plurielles



Existe-t-il, à l’ère numérique, une relation entre la visite d’un musée 1, d’un théâtre 2, d’un opéra, d’une exposition de peinture 3, d’une présentation musicale 4, la découverte d’une ville, la préparation d’un voyage touristique, la lecture d’un livre, une recherche généalogique, l’exploration d’archives,, l’utilisation d’une bibliothèque, l’animation d’une association, la valorisation de patrimoines architecturaux, une production journalistique, la présentation d’éditions artistiques, littéraires ou scientifiques,(etc.) ?

Il y en a peut-être une, au moins, qui apparaît sur le web 2.0 avec la convergence des applications numériques et des enjeux de conception vers les ouvrages numériques dynamiques et notamment ce que nous appellerons les « ouvrages numériques dynamiques indépendants en accès libre » (ONDIAL). Tous les acteurs sociaux engagés dans les activités citées sont aujourd’hui confrontés à des questions communes d’« éditorialisation » numérique des contenus et des interactivités. On peut même se demander, de ce point de vue, s’il existe encore une différence entre un « livre » numérique dynamique et n’importe quel autre site web éditeur de contenus et d’interactions, entre un catalogue numérisé de musée et un enseignement universitaire de type MOOC, entre la visite hybride d’une bibliothèque physico-numérique et une exposition commémorative à forte composante technologique ou même du patrimoine historique de centre-ville associé à des systèmes de guidage numérique, etc.

Ce phénomène est, peut-être, à considérer comme l’une des origines ou, tout au moins, l’une des illustrations d’un domaine d’étude naissant, labellisé depuis quelques années "humanités numériques". Les recherches sur ce domaine sont beaucoup plus anciennes mais le label récent prospère dans l’espace international, médiatique, politique et maintenant académique pour désigner notamment des études réflexives et une ingénierie naissante en "éditorialisation numérique" 5. Plus largement, ces deux expressions englobent, peut-être par excès dans la phase d’émergence, tous les développements technologiques utilisables pour la recherche scientifique et la communication savante, des chercheurs et professeurs, ainsi que les débats professionnels internes aux métiers de la documentation, de l’information scientifique et technique, des bibliothèques aussi divers dans leurs préoccupations que les secteurs de la société où ils s’exercent sont nombreux.

Ces deux expressions ne sont cependant pas d’usage courant et leurs sens respectifs, même pour les spécialistes, ne font pas consensus. En 2016, elles désignent davantage des espaces de discussions voire de controverses scientifiques et professionnelles. Ce sont des catégories floues, qui s’institutionnalisent progressivement et peut-être inéluctablement sous l’effet de courants d’opinions, de propulsions politiques, de théorisations nouvelles... mais qui soulèvent plus de questions qu’elles ne permettent aujourd’hui de stabiliser de corpus de connaissances par la recherche et dans l’enseignement. Il est devenu plus aisé d’obtenir des fonds à la recherche ou à l’enseignement sous ces labels que de sélectionner de façon un peu consensuelle les thèmes, sujets, théories, méthodes, observations empiriques susceptibles de composer les objets de recherche et les contenus enseignés. Il faut donc explorer ces notions pour tenter de se positionner sur des segments spécifiques du champ de débats, recherche set enseignements qu’elles evoquent.

Jérôme VALLUY‚ « Introduction - Chapitre - Humanités numériques plurielles  »‚ in Transformations des États démocratiques industrialisés - TEDI  - Version au 12 août 2022‚  identifiant de la publication au format Web : 421